Au XIXe siècle, bien avant qu'une
spécialité en chirurgie esthétique ne
soit constituée et reconnue, des
chirurgiens pratiquent avec un
succès relatif des opérations visantà réparer un palais fendu, à corriger
un bec de lièvre, à reconstituer une
partie de visage à la suite d'un
accident ou à pratiquer des greffes
de peau sur des grands brûlés.
Parmi les précurseurs québécois qui pratiquent ce type d'intervention
figurent les docteurs John Stephenson de l'Université McGill, Dudley
Ross de l'Hôpital pour enfants de Montréal, Ralph Fitzgerald et George
Hodge de l'Hôpital général de Montréal, E. Dubé de l'Hôpital
Sainte-Justine et François Roy de Québec.
Au cours des deux guerres mondiales, la pratique de la chirurgie
plastique et reconstructrice devient une nécessité en raison du nombre de
blessés et de la gravité des blessures.
L'atrocité des plaies infligées dans les tranchées de la Première Guerre
mondiale et les mutilations subies au cours des batailles terrestres,
navales et aériennes pendant la Seconde Guerre mondiale exigent
d'élargir considérablement le répertoire des méthodes de traitement et de
reconstruction en pratique dans la chirurgie générale. En somme, les
horreurs de la guerre contribuent à l'essor de la chirurgie plastique.
En 1916, le docteur Fulton Risdon est le premier chirurgien canadien à
pratiquer la chirurgie plastique en tant que spécialité. Avec l'équipe de
Gillies et Kazanjian du Queen's Hospital, à Sidcup dans le comté de
Kent (Grande-Bretagne), il effectue la reconstruction faciale de soldats
canadiens et alliés.
À partir de 1930, les domaines d'application de la chirurgie plastique
s'étendent à la reconstruction faciale, à la chirurgie de la main, aux
brûlures, au cancer et aux anomalies congénitales.
En 1941, afin que la chirurgie plastique ne soit pas assimilée à la
chirurgie générale, Jack Gerrie suggère à Fulton Risdon de fonder une
société médicale autonome.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le docteur Alfred Farmer dirige
les efforts chirurgicaux canadiens. En Grande-Bretagne, Ross Tilley
rebâtit des visages, des nez et des mains de jeunes soldats blessés au
combat.
Vers 1944, Fred Woolhouse, officier médical de la Marine royale
canadienne s'intéresse aux blessures dues au froid et aux brûlures.
Après 1945, les chirurgiens plasticiens traitent des anomalies
congénitales chez les nouveau-nés, des brûlures et des traumas chez
les jeunes et les adultes. Ils traitent aussi des lésions dues au cancer etétendent leur champ d'intervention au domaine de la transplantation, de la
chirurgie microvasculaire, de la chirurgie craniofaciale esthétique et de la
chirurgie de la main.
En 1947, 12 spécialistes de la chirurgie plastique et reconstructrice se
concertent pour fonder la Société canadienne des chirurgiens plasticiens.
lls président ainsi à l'établissement d'une nouvelle discipline chirurgicale.
Les fondateurs sont Fulton Risdon (premier chirurgien plasticien au pays),
Stuart Gordon, Hoyle Campbell, John Ord, Alfred Farmer, Ross Tilley,
Lyman Barclay, Wallace McNichol et, du Québec, Jack Gerrie (premier
chirurgien plasticien de la province), Hamilton Baxter, Fred Woolhouse
ainsi que Georges Cloutier.